24 janvier 2020

Les États et Territoires insulaires océaniens sont déterminés à lutter contre l’augmentation des maladies non transmissibles (MNT) en renforçant les mécanismes de responsabilité mutuelle grâce au tableau de bord de l’Alliance océanienne pour le suivi de la lutte contre les MNT (MANA).

Le tableau de bord MANA a été approuvé par les ministres de la Santé des pays océaniens en 2017. Il se compose d’indicateurs portant sur le leadership et la gouvernance, les politiques de prévention (tabac, alcool, alimentation, activité physique), la réponse des systèmes de santé et les procédures de suivi. Il utilise un système de feux tricolores pour matérialiser les progrès. En 2018, les participants à la Réunion des directeurs de la santé du Pacifique ont exhorté les pays océaniens à veiller au recensement des lacunes stratégiques et législatives à l’aide du tableau de bord MANA et à prendre des mesures pour y remédier.

Évolutions depuis 2018

En novembre 2019, un atelier sur l’Alliance océanienne pour le suivi de la lutte contre les MNT et sur un cadre législatif dans le Pacifique a été organisé. Des représentants des ministères de la Santé et du ministère public des pays océaniens y participaient.

Au cours de cet atelier, les représentants des pays océaniens ont examiné le tableau de bord MANA et formulé des recommandations tout en débattant des progrès accomplis et des défis rencontrés récemment à l’échelon national et en déterminant les moyens de renforcer les programmes, les politiques, la législation et le leadership. En outre, les participants ont examiné le projet de cadre législatif océanien sur les MNT en vue de le renforcer et d’améliorer sa future application, avant de le soumettre à la prochaine réunion des Directeurs de la santé pour qu’ils l’étudient et émettent des suggestions quant aux étapes suivantes.

Pacific Mana

Pourquoi les mécanismes de responsabilité sont-ils importants pour les pays océaniens ?

Why is this accountability mechanism important to PICTs?

Isimeli Tukana, ministre fidjien de la Santé et des Services médicaux, conseiller national pour les MNT

« Je pense que c’est un pas dans la bonne direction. Nous disposons désormais d’un cadre de suivi, mais nous devons vraiment nous pencher sur le cadre législatif. Nous avons organisé beaucoup d’activités de sensibilisation et de promotion de la santé, mais nous avons besoin d’un cadre juridique. En effet, aussi intenses soient nos actions de sensibilisation et de promotion, sans dispositions contraignantes, nous ne pourrons pas avancer. Or, je pense que le cadre juridique fournira une orientation, pas seulement pour les Fidji, mais pour l’ensemble de la région. »

Vicki Wari, ministère de la Santé de Papouasie-Nouvelle-Guinée, coordonnatrice nationale de la lutte contre les MNT

« Cela m’a aidée à suivre les avancées dans mon pays. Le cadre législatif est très important. Notre juriste m’accompagne, et c’est très important pour notre pays. Nous révisons actuellement de nombreuses législations, par exemple la réglementation sur le tabac et notre législation sur l’alcool qui est obsolète. C’est le bon moment, notamment au vu des points que nous avons abordés concernant les indicateurs Alcool dont nous pouvons également tenir compte dans le cadre de notre révision. »

Jun Ho Gregory Kim, ministère de la Santé du Samoa, coordonnateur de la lutte contre les MNT

« Le tableau de bord MANA répertorie les engagements régionaux et nous les fait connaître, mais il promeut également notre travail, notamment en matière de suivi et de présentation. Il présente les actions que nous avons menées avec un système de suivi précis. »

Reynold Ofanoa, ministère de la Santé des Tonga, Directeur de la santé publique

« Cette rencontre représentait pour nous une occasion formidable d’évaluer nos progrès concernant les politiques et les législations relatives aux mesures prioritaires de lutte contre les MNT. Elle nous a également permis de repérer les domaines dans lesquels nous devons renforcer nos actions pour lutter contre la crise des MNT qui touche les Tonga et la plupart des pays océaniens. Grâce à cette rencontre, nous avons également pu examiner les législations d’autres pays et tirer des enseignements de leur expérience alors que nous nous efforçons de réaliser les modifications nécessaires et de faire preuve d’efficacité dans la mise en œuvre des mesures utiles pour lutter contre les MNT aux Tonga. »

Prochaines étapes

Ilisapeci Kubuabola, de la Division santé publique de la Communauté du Pacifique (CPS), a déclaré : « Pour l’instant, nous demandons aux pays de passer en revue leur tableau de bord et leur cadre législatif, et ils ont identifié les domaines prioritaires. D’ici juin 2020, ils doivent prendre des mesures dans certains de ces domaines prioritaires, notamment ceux qui sont les plus faciles à traiter. La CPS et ses partenaires collaboreront avec les pays pour mettre ces mesures en œuvre. »

Cet atelier s’est déroulé à Nadi, aux Fidji, du 25 au 28 novembre 2019. Il était co-organisé et financé par la CPS et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) avec le soutien d’autres partenaires tels que l’Association océanienne des fonctionnaires des services de santé (PIHOA) et le Centre océanien de prévention de l’obésité et des maladies non transmissibles (C-POND), l’Université nationale des Fidji (FNU) et d’autres organismes.

Contact :
Evlyn Mani, 
Chargée de l’information et de la communication, Division santé publique (PHD), Communauté du Pacifique -(CPS) | E: [email protected]

À propos de la CPS :
La CPS est la principale organisation scientifique et technique du Pacifique, soutenant fièrement le développement de la région depuis 1947. Organisation internationale d’aide au développement, la CPS fait figure de maison commune pour ses 26 États et Territoires membres, qui en assurent la gouvernance.