Suva

Le 7 septembre est célébrée la Journée mondiale de l’épidémiologie de terrain, qui vise à faire connaître le rôle central joué par les épidémiologistes de terrain en matière de protection de la santé des populations lors des urgences de santé publique, comme l’a été par exemple la pandémie de COVID-19.

Depuis maintenant 25 ans, le Réseau océanien de surveillance de la santé publique (ROSSP) œuvre, par l’intermédiaire de la Division santé publique de la Communauté du Pacifique (CPS) et de ses partenaires, à appuyer et à renforcer les compétences épidémiologiques essentielles des agents de santé de la région.

Le Programme de renforcement des interventions en santé publique dans le Pacifique – Utilisation des données pour la prise de décision (SHIP-DDM) du ROSSP propose un certificat d’études supérieures en épidémiologie de terrain (PGCFE), qui a permis à des agents de santé des États et Territoires insulaires océaniens de renforcer leurs compétences et de mettre en œuvre des projets utiles pour améliorer les systèmes d’information sanitaire, la surveillance, l’investigation et les capacités d’intervention dans les pays.

À ce jour, 120 candidats issus de 10 États et Territoires insulaires océaniens ont obtenu le certificat d’études supérieures en épidémiologie de terrain (PGCFE) et plus de 350 agents de santé de toute la région ont commencé à suivre le programme.

 

Suivi pendant 90 jours post-quarantaine des cas positifs importés de COVID-19

Nixon Olofisau est infirmier diplômé d’État aux Îles Salomon ; il travaille à l’hôpital de Kilu’ufi. Il a suivi les modules 1 à 5 de la formation DDM/PGCFE.

Dans quel domaine de la santé publique vous spécialisez-vous ?

Je me spécialise dans la lutte anti-infectieuse et les systèmes de surveillance. Je travaille dans les soins infirmiers depuis 20 ans.

Comment cette formation a-t-elle complété le travail que vous faites au quotidien ?

Cette formation a été très utile pour moi dans le secteur dans lequel je travaille, car j’ai pu améliorer le système de surveillance syndromique en santé publique de mon pays.

Grâce à la formation DDM, ma perspective a changé et je considère que le système de santé doit être fondé sur des données. Ainsi, j’ai renforcé le recours aux rapports de surveillance syndromique dans ma province dans le cadre de mon projet d’amélioration du système de santé, dernière tâche que j’avais à accomplir dans le cadre de ma formation DDM. Grâce au projet, la production de rapports des quatre nouveaux sites de notification des données de surveillance syndromique relevant des principaux centres de santé de la province s’est améliorée et j’ai pu introduire et appliquer une procédure de gestion des données à l’échelle provinciale.

Grâce aux connaissances que j’ai acquises dans le cadre du module d’investigation des flambées épidémiques de la formation DDM, j’ai pu créer et superviser une équipe chargée de l’investigation épidémiologique et de la riposte dans la province de Malaita. L’équipe mène des investigations épidémiologiques dans différentes situations sanitaires et en plusieurs points de la province.

Notre équipe s’est occupée de l’investigation des premiers cas positifs à la COVID-19 détectés par TDR sur l’île d’Ontong Java, à la suite desquels les autorités sanitaires ont déclaré en janvier 2022 une transmission communautaire en cours aux Îles Salomon. 

Selon vous, pourquoi le PGCFE est-il important ? 

Il continue de renforcer les capacités des professionnels de santé de la région et permet aux pays de cerner les lacunes dans leurs systèmes d’information sanitaire. Cela permet d’améliorer par la suite les processus de gestion des données – de la collecte à l’analyse des données – et offre aux pays la possibilité d’utiliser les données pour se tenir informés et agir. Le fait de détecter rapidement les événements et les menaces pour la santé, ainsi que de mettre en place des interventions rapides limite les répercussions des flambées épidémiques.

25 ans de ROSSP

Cette année, la Communauté du Pacifique célèbre les 25 ans du ROSSP sur le thème « 25 ans de maillage et d’innovation au service de la sécurité sanitaire dans le Pacifique ». Le ROSSP met en relation plus de 1200 professionnels de santé du Pacifique et au-delà.

Le programme de formation SHIP-DDM est mis en œuvre par les membres et partenaires du ROSSP, notamment par les ministères de la Santé des États et Territoires insulaires océaniens, l’Association océanienne des fonctionnaires des services de santé, l’Université nationale des Fidji, les Centres de lutte contre la maladie des États-Unis d’AmériqueHunter New England Local Health District (Australie), l’Organisation mondiale de la Santé, l’Université de Guam et la CPS. Pour fonctionner, il bénéficie du soutien financier de partenaires clés du ROSSP, notamment l’Agence française de développement (AFD), le ministère australien des Affaires étrangères et du Commerce (DFAT), l’Union européenne, la Banque allemande de développement (KfW), le ministère néo-zélandais des Affaires étrangères et du Commerce (MFAT) et les Centres de lutte contre la maladie des États-Unis (CDC).

À propos du ROSSP

Le ROSSP a été créé il y a 25 ans, en décembre 1996, sous l’égide commune de la Communauté du Pacifique (CPS) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), en étroite concertation avec les 22 États et Territoires insulaires océaniens et plusieurs partenaires régionaux.

Il travaille prioritairement sur les maladies transmissibles, notamment les maladies à potentiel épidémique telles que la dengue et la COVID-19.

Le ROSSP propose six services clés pour accompagner les États et Territoires insulaires océaniens dans la surveillance et la lutte contre les épidémies :

  • PacNet (alerte et communication) ;
  • Système océanien de surveillance syndromique (détection des épidémies) ;
  • LabNet (identification et confirmation des maladies) ;
  • EpiNet (préparation et riposte) ;
  • PICNet (lutte anti-infectieuse) ; et
  • SHIP-DDM (développement et renforcement des capacités).